Maximilien Marçais-Husson : la Philharmonie n’attend que d’être remplie


Publié le 1{st} décembre 2014 dans "" | Rédigé par Baptiste Cordier

Photo Ben Ji
Photo Ben Ji

Maximilien Marçais-Husson, ici en juillet 2013, fait partie de l’équipe chargée de promouvoir les concerts de l’Orchestre de Paris.

Dans quelques semaines, la musique symphonique disposera enfin d’un espace dédié à Paris. L’ouverture de la Philharmonie, Maximilien Marçais-Husson la prépare depuis des mois. Ce jeune diplômé de Sciences Po Toulouse fait partie de l’équipe chargée de remplir les concerts de l’Orchestre de Paris.

La musique symphonique et plus largement la musique classique, Maximilien Marçais-Husson en parle avec passion. Mais cette passion est récente chez ce diplômé de Sciences Po Toulouse : c’est seulement en quatrième année à l’IEP qu’il a été « frappé par la foi ».

Parcours
• Juin 1989 : Naissance à Paris
• 2008-2012 : Études à Sciences Po Toulouse
• 2012 : Stage de fin d’études à l’Orchestre de Paris
• 2012/2013 : Master de management culturel à l’école de commerce ESCP Europe, avec un stage à medici.tv, site Web de rediffusions de concerts
• Février 2014 : Assistant marketing au service des relations avec le public de l’Orchestre de Paris

« Je connaissais à peine Les Quatre Saisons de Vivaldi et quelques classiques de Mozart, raconte-t-il. En écoutant par hasard sur Internet La Jeune Fille et la Mort de Schubert, j’ai été marqué par la beauté absolue de ce quatuor à cordes. » D’autre découvertes musicales suivront, au point que cette passion a guidé son début de carrière professionnelle : depuis un an, Maximilien Marçais-Husson est assistant marketing au service des relations avec le public de l’Orchestre de Paris.

Son travail consiste à promouvoir les deux concerts hebdomadaires de cette formation de 119 musiciens, l’une des plus renommées de la planète. Un rôle mêlant administratif et marketing puisqu’il s’agit d’attirer sans cesse de nouveaux spectateurs. « Notre financement étant en grande partie public, le nombre de billets vendus n’est pas en soi un enjeu, précise-t-il. Mais nous avons pour mission de faire découvrir la musique symphonique au plus grand nombre de personnes possible, au-delà de notre public d’habitués. »

« De la beauté pure dans un monde saturé de sons »

Une politique de démocratisation qui va prendre une nouvelle ampleur dans quelques semaines : l’Orchestre de Paris va s’installer dans la Philharmonie, une nouvelle salle de concerts située dans le nord-est de la capitale. « L’obstacle pour faire venir des néophytes n’est pas tant le prix – les places coûteront entre 10 et 40 euros pour un concert de deux heures – qu’une énorme barrière socio-culturelle. Avec son image élitiste, la musique symphonique fait encore peur en France : rares sont ceux qui osent aller à un concert pour la première fois alors que tous repartent ensuite ravis. À l’étranger, la musique symphonique s’est déjà beaucoup plus démocratisée : les Russes et les Allemands sont nombreux à fréquenter les concerts. »

Le pari de la Philharmonie

À partir de la mi-janvier, l’Orchestre de Paris sera le résident principal de la Philharmonie. Conçue par l’architecte Jean Nouvel, cette salle de concerts majestueuse est située dans le nord-est de Paris, à proximité de la Cité de la musique, Porte de Pantin dans le 19e arrondissement. Jusqu’à présent, l’Orchestre se produisait essentiellement dans la salle Pleyel, non loin des Champs-Élysées. « Le lieu est plus excentré : il est difficile d’anticiper qui viendra aux concerts, explique Maximilien Marçais-Husson. Mais l’objectif est d’élargir le public. Actuellement, le profil-type est une femme d’une cinquantaine d’années à hauts revenus et vivant dans l’ouest parisien. Il s’agit d’attirer aussi les trentenaires de l’est parisien. »

L’Orchestre de Paris cible en particulier les jeunes, avec notamment des tarifs spécifiques et des animations dédiées. Un sujet que connaît bien Maximilien Marçais-Husson, puisqu’il avait consacré, à sa sortie de Sciences Po Toulouse en 2012, son mémoire au jeune public de la musique classique. Il travaillait alors déjà à l’Orchestre de Paris, pour son stage de fin d’études. Il a ensuite suivi un master de management culturel à l’école de commerce ESCP Europe, avec un stage à medici.tv, un site Web de rediffusions de concerts de musique classique, évidemment, avant de revenir cette année au sein de l’Orchestre de Paris.

« Avoir une passion moteur pour la musique a clairement facilité mon insertion professionnelle : c’est la meilleure motivation pour aller pousser toutes les portes. Les amis que j’ai rencontrés à Sciences Po ont fait de même dans d’autres domaines. » Parisien de toujours, il avait débarqué à Toulouse par le hasard des concours… Arrivé en deuxième année, c’est par les associations qu’il s’est intégré dans l’IEP. De retour de mobilité, après notamment un semestre à Hong Kong, il a ainsi été l’un des cofondateurs de l’association Aparté. « C’est l’expérience qui m’a le plus apporté, se souvient-il. Mes amis et moi avions envie de participer à la promotion de la culture à Toulouse. »

À Sciences Po, il s’est aussi mis à jouer du violon. « C’est l’un des instruments les plus durs, mais cela me permet modestement de toucher du doigt ce que vivent les musiciens de l’Orchestre. Jouer de la musique classique, c’est offrir de la beauté pure dans un monde saturé de sons. »

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