Gérome Barry : il veut porter la comédie musicale sur grand écran


Publié le 23{rd} janvier 2015 dans "" | Rédigé par Baptiste Cordier

Photo Clément Trapon
Photo Clément Trapon

Gérome Barry sur le tournage de

Et de trois ! Gérome Barry achève en ce moment son troisième court métrage. Une nouvelle comédie musicale, un genre qu’il rêve de porter très vite sur grand écran, en devenant réalisateur de son premier long métrage.

Ceux qui ont croisé Gérome Barry sur les bancs de Sciences Po Toulouse se souviennent sans doute des vidéos potaches qu’il réalisait au sein de l’association SPY TV. Notamment du clip « Les filles de l’IEP » sur un air de Vincent Delerm. « Je n’arrive plus à regarder ces vidéos aujourd’hui, sourit celui qui a fait depuis du cinéma son métier, car j’en vois tous les défauts. Mais l’exercice était formateur : nous étions très créatifs, nous essayions d’inventer des choses. »

Parcours
• Décembre 1984 : Naissance à Avignon (Vaucluse)
• 2003-2007 : Études à Sciences Po Toulouse, après une année en licence de cinéma à Montpellier
• 2007-2011 : Études à La Fémis
• 2011 : Réalisateur des deux courts métrages Le grand numéro et Séraphin
• 2014 : Réalisateur du court métrage Suicide express

À 30 ans, Gérome Barry achève aujourd’hui son troisième court métrage, dans un cadre professionnel cette fois : le budget de Suicide express s’élève à 36 000 euros et une vingtaine de techniciens a participé mi-décembre au tournage de cette comédie musicale loufoque. Diplômé de Sciences Po Toulouse en 2007, Gérome Barry est ensuite entré à La Fémis, l’école qui forme aux métiers de l’image et du son. À sa sortie, en 2011, il réalise deux courts métrages. Le grand numéro est primé à Pékin, Séraphin diffusé sur Arte, mais il peine à enchaîner avec une nouvelle production. « J’avais créé ma propre société avec trois amis mais nos demandes de financement étaient refusés les unes après les autres… Mon rêve était alors de réaliser directement un long métrage, mais c’était trop ambitieux, reconnaît Gérome Barry. Comme mes projets étaient malgré tout encouragés, j’ai pris le temps d’écrire… J’avais besoin de faire un troisième court métrage, un comédie plus largement diffusée et plus visible dans le milieu du cinéma pour être bien pris au sérieux. »

Un tournage préparé en un mois et demi au lieu de six

Tout s’accélère à la rentrée 2014. Gérome Barry reprend son projet Suicide express pour réduire les coûts de production afin de réaliser lui même le projet. Une campagne de crowdfunding (financement participatif) est lancé au mois d’octobre : 5 000 € sont récoltés en quelques semaines. Dans la foulée, des connaissances croisés grâce à la société de production où il travaille depuis quelques semaines comme assistant de production lui proposent de produire son film. « Une grande chance, juge-t-il : je ne m’attendais pas à un tel tremplin. »

Le retour de Valentin, incarné par un nouveau acteur

Deux courts métrages, deux genres différents : Gérome Barry a réalisé en 2011 une comédie musicale, Le grand numéro, dans laquelle un jeune contrebassiste Valentin tombe amoureux, puis une comédie noire, Séraphin, autour d’un achat en viager qui ne se passe pas comme prévu. Son nouveau film, Suicide express, reprend le personnage de Valentin, pris cette fois par erreur pour un client d’une multinationale d’aide au suicide. Valentin est joué par un acteur et non plus par Gérome Barry lui-même. « Je suis content de confier les rênes de mon personnage à quelqu’un d’autre, confie-t-il. J’ai vu mes propres limites, je me vois davantage derrière que devant la caméra. »

La seul condition : accélérer le calendrier pour tourner le film avant la fin de l’année. « D’un côté, j’avais hâte, mais de l’autre j’aurais aimé avoir plus de temps : le tournage a été préparé en un mois et demi au lieu de six. » Le film sera terminé début mars. « S’il est réussi, il aura une vraie vie grâce aux producteurs », espère Gérome Barry. Le diplômé de Sciences Po Toulouse rêve toujours de réaliser son premier long métrage, sans doute une comédie musicale. « Un art complet, peu présent en France, car jugé compliqué et périlleux. Il faut notamment anticiper en amont du tournage toute la musique. »

Le cinéma en général l’a toujours attiré. Après son baccalauréat à Avignon, il étudie pendant un an… le cinéma dans un fac de Montpellier. « Mais je manquais de culture cinématographique, alors j’ai voulu prendre du temps avant de tenter La Fémis. Je suis entré à Sciences Po Toulouse pour m’ouvrir au monde, mieux en comprendre les enjeux. J’ai aussi acquis des clefs en sociologie. » Il passe son année de mobilité en Pennsylvanie à la Mansfield University. « Avec ces cours d’audiovisuel très orientés télé, j’ai appris la rigueur toute américaine. Et j’ai apprécié qu’on me fasse très vite confiance pour réaliser des projets. » De retour à Toulouse, il continua à réaliser des vidéos à Sciences Po. « La vie associative si riche à l’IEP est une grande chance. Cela nous apprend à gérer une équipe, à se répartir les tâches, à déléguer. Et nous gardons tous des contacts pour la vie. »

 

Les deux premiers courts métrages réalisés par Gérome Barry en 2011 :

Le grand numéro

Séraphin

 

Les filles de l’IEP, clip réalisé par Gérome Barry sur un air de Vincent Delerm après le week-end d’intégration 2004

Conception & réalisation : Cereal Concept