Émilien Roso : du maillot des Gorets à l’écharpe de maire


Publié le 28{th} avril 2014 dans "" | Rédigé par Baptiste Cordier

Photo Jean-Marc Roso
Photo Jean-Marc Roso

Émilien Roso, nouveau maire d’ Allemans-du-Dropt, avec l’écharpe tricolore transmise par l’ancien édile de la commune.

Il n’a pas encore eu le temps de s’y habituer, mais Émilien Roso se fait désormais appeler « Monsieur le Maire » à Allemans-du-Dropt. À 28 ans, ce diplômé de Sciences Po Toulouse vient d’être élu premier magistrat de ce village du nord du Lot-et-Garonne.

Devenir maire d’Allemans-du-Dropt, Émilien Roso l’assure, il n’y pensait pas le matin en se rasant. Revenu à la rentrée dans le Lot-et-Garonne après dix ans passés à Toulouse, Paris puis Bruxelles, il a monté, avec d’autres habitants, une liste pour les élections municipales. « Mais personne ne voulait en prendre la tête, se souvient-il. Moi-même même, je me sentais pas forcément le plus légitime, même si je suis loin d’être un parachuté. Allemans-du-Dropt est ma commune d’origine, j’y ai passé toute mon enfance jusqu’au bac.

Parcours
• Mars 1986 : Naissance à Marmande (Lot-et-Garonne)
• 2005-2010 : Études à Sciences Po Toulouse, suivies d’un master de Communication politique et sociale à l’université Panthéon Sorbonne
• 2012-2013 : Collaborateur de Rachida Dati au Parlement européen à Bruxelles
• Été 2013 : Revient dans le Lot-et-Garonne comme Secrétaire général du groupe UMP au Conseil général
• Mars 2014 : Élu maire d’Allemans-du-Dropt (Lot-et-Garonne)

Un scrutin plus tard, Émilien Roso se retrouve depuis quelques semaines à la tête ce village de 500 habitants. « Ici, le maire et son équipe fait tout. Nous n’avons qu’une secrétaire de mairie à mi-temps. Même si nous nous sommes répartis les tâches avec mes adjoints, mon emploi du temps est très chargé ; je suis au travail la journée et je m’occupe de la mairie le matin et le soir. »

Au travail, Émilien Roso ne s’éloigne d’ailleurs pas de la politique. Depuis cet été, il est le secrétaire général du groupe d’opposition de droite au Conseil général du Lot-et-Garonne, à Agen. « J’ai un œil sur tout, de la stratégie politique à la communication, explique-t-il . Et puis, les communes et le Conseil général sont très liés . » Mais l’objectif est aussi de préparer les élections départementales de 2015 : la droite pourrait reconquérir ce Conseil général qui avait basculé à gauche en 2008. Le nouveau maire n’exclu pas de se présenter lui-même dans son canton.

Toujours un œil sur l’IEP et des contacts avec les Gorets

« Si on m’avait dit que je serais maire quatre ans après l’IEP, je n’y aurais pas cru, souligne Émilien Roso. Pour moi, les jeunes qui se lancent en politique ne doivent pas avoir les dents qui rayent le parquet mais pouvoir proposer un nouveau modèle. Pour m’engager, je voulais attendre le jour où je me sentirais utile. C’est arrivé plus vite que prévu. »

« La France doit croire au potentiel de ses territoires »
À Allemans-du-Dropt, le dossier du moment, c’est la restauration de l’église et la mise en valeur des fresques du XVe siècle. « La projet a été lancé par la précédente municipalité, détaille Émilien Roso. Le chantier est en cours mais il faut le finir avant la saison touristique. » Mise en place d’un système de covoiturage ou encore création d’un espace de travail partagé : le nouveau maire fourmille d’idées mais il devra aussi se battre pour maintenir les services publics, en particulier La Poste. D’ici la rentrée, il devrait aussi préparer le passage aux nouveaux rythmes scolaires : Émilien Roso aimerait notamment proposer des cours de code informatique parmi les activités périscolaires. Il voudrait aussi développer Internet à très haut-débit pour renforcer l’attractivité de sa commune. « La France sous-estime le potentiel de ses territoires : ici, des personnes créent des entreprises innovantes. Sur ma commune, une entreprise produit des fruits secs et est capable de les exporter dans le monde entier. »

Émilien Roso avait quitté son département en 2005 pour entrer à Sciences Po Toulouse. Pendant ses études, il a été un pilier des Gorets, les joueurs de rugby de l’IEP. Sa carrure en témoigne encore, même s’il ne joue plus beaucoup au ballon ovale faute de temps. « Les Gorets restent une grande famille : on se revoit encore régulièrement. Récemment, je suis allé à Toulouse pour fêter avec un des joueurs la naissance de son fils. » L’ancien vice-président du Bureau des étudiants et élu au Conseil d’administration garde aussi un œil sur l’IEP : « Les nouveaux locaux en projet me font rêver. Quand je vois la terrasse sur la Garonne, j’ai bien envie de redevenir étudiant ! » Il a aimé son année de mobilité, passé à l’ambassade de France au Pérou, mais son année préférée reste la cinquième, la dernière avant le diplôme. « On a beaucoup profité de notre vie étudiante avant de partir », sourit-il. Après Sciences Po Toulouse, il est parti à Paris suivre un master de Communication politique et sociale à l’université Panthéon Sorbonne. Quelques expériences dans la communication plus tard, notamment pour l’UMP lors de la présidentielle de 2012, il s’installe à Bruxelles pour travailler avec la députée Rachida Dati au Parlement européen.

Après cette parenthèse européenne, Émilien Roso apprécie de pouvoir désormais agir concrètement et directement sur le quotidien de ses concitoyens. « Le maire peut changer les choses pour les habitants de sa commune : obtenir un logement, régler un problème de voisinage ou décrocher des subventions. » Depuis son élection, il multiple les aller-retours entre Agen et sa commune, à une heure de route. « Après avoir vécu dix ans dans des grandes villes, j’ai retrouvé une certaine qualité de vie dans le Lot-et-Garonne. Sauf au niveau du stress : on est servi quand on est maire ! »

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