Sophie Espié : l’IEPienne qui guide le Premier ministre


Publié le 18{th} juin 2013 dans "" | Rédigé par Baptiste Cordier

Photos Pierre Chabaud et Benoît Granier/Matignon
Photos Pierre Chabaud et Benoît Granier/Matignon

Depuis six mois, Sophie Espié prépare les déplacements du Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Du Conseil régional de Midi-Pyrénées à Matignon, cela fait huit ans que Sophie Espié travaille aux côtés des hommes politiques. Il y a six mois, cette diplômée de Sciences Po Toulouse a fait son entrée à Matignon pour y préparer les déplacements de Jean-Marc Ayrault.

En ce mois de février, Jean-Marc Ayrault est en déplacement à Grenoble pour évoquer la stratégie nationale de santé. Dans son sillage : deux ministres, le préfet de l’Isère, les élus locaux, de nombreux journalistes mais aussi, tout près, Sophie Espié. « Mes parents m’appellent à chaque fois qu’ils me voient à la télévision », sourit cette diplômée de Sciences Po Toulouse qui travaille à Matignon depuis novembre dernier. Ils sont trois au total à préparer et coordonner les déplacements du Premier ministre.

Parcours
• Juin 1982 : Naissance à Toulouse
• 2000-2004 : Études à Sciences Po Toulouse suivies du master « Conseil, expertise et action publique »
• 2005 : Stagiaire puis chargée de mission auprès du président du Conseil régional de Midi-Pyrénées
• 2005-2011 : Conseillère technique au cabinet du président du Conseil général de Seine-et-Marne puis à celui du Val-d’Oise
• Depuis décembre 2012 : Chargée de mission auprès du chef de cabinet du Premier ministre

Pour Sophie Espié, la politique comme métier a commencé au printemps 2005. Côté socialiste. Au Conseil régional de Midi-Pyrénées, elle est la première stagiaire au cabinet de Martin Malvy. Elle a ouvert un nouveau filon : des dizaines d’IEPiens ont suivi son parcours depuis. Sa mission d’alors consiste à préparer les Assises du développement durable, son stage est ensuite prolongé par un CDD pour suivre les actions décidées lors de cet événement.

En décembre 2005, cette Toulousaine de souche s’installe en région parisienne. Elle devient conseillère technique au cabinet du président du Conseil général de Seine-et-Marne, chargée des dossiers Éducation, Culture, Jeunesse et Sports. « À 23 ans, c’était mon premier vrai poste, raconte-t-elle. Il m’a fallu apprendre à travailler avec les différents services et à coordonner toutes les actions des vice-présidents et de mon président. »

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En 2008, après l’est, direction le nord de Paris. Le directeur de cabinet en Seine-et-Marne, Jean-Pierre Guérin, vient d’être nommé au Conseil général du Val-d’Oise. « Il m’a demandé de le suivre. J’étais à nouveau conseillère technique, mais le département venait de basculer à gauche aux cantonales : toutes les politiques étaient à remettre à plat. » Elle suit en particulier la mise en place du Grand Paris, dossier majeur pour l’aménagement du territoire, la politique du logement et des transports. En mars 2011, le Conseil général du Val-d’Oise repasse à droite. « Malgré la déception de cette défaite électorale, une opportunité professionnelle radicalement différente s’est dessinée, se souvient Sophie Espié. L’occasion de mettre à profit les connaissances acquises en cabinet ». Elle voulait aller sur le terrain, là voilà responsable d’exploitation à la RATP, en charge de 120 agents d’accueil, de ventes et de contrôle sur la ligne 6 du métro. « Fini les tailleurs et les talons aiguilles, s’amuse-t-elle. J’ai passé mon permis métro et appris à réparer une rame. »

Une expérience privilégiée, mais précaire
« Travailler à Matignon, évidemment ça ne se refuse pas », estime Sophie Espié. L’expérience offre en tout cas des occasions uniques. « En mars, le Premier ministre a participé à un vernissage au Louvre : j’ai effectué les repérages pendant que les tableaux étaient accrochés ! » Mais pas question de trop s’attacher car la mission peut s’arrêter du jour au lendemain. « Il faut garder les pieds sur terre ! Nous ne sommes liés qu’à la confiance du Premier ministre. »

Mais son parcours en cabinet la rattrape très vite. Sur le plan national cette fois. En novembre 2012, Jean-Pierre Guérin, son ancien patron, devenu chef de cabinet de Jean-Marc Ayrault, lui propose de travailler une troisième fois à ses côtés. Elle sera en charge des déplacements du Premier ministre. « Il faut tout régler de A à Z, détaille Sophie Espié. La logistique, en coordination avec les préfets, est la partie la plus visible de notre travail, mais il faut surtout que chaque déplacement ait un sens. » Il s’agit de dialoguer avec les conseillers spécialisés, travailler avec le service de presse sur la communication, trouver des idées de déplacements et varier leur forme, des tables rondes aux visites en passant par les déjeuners de travail. « Un déplacement réussi, c’est quand le Premier ministre est satisfait de ses rencontres, qu’il a pu confronter ses choix à la réalité de terrain. Quand Jean-Marc Ayrault fait allusion, quelques jours plus tard, à la situation d’une personne rencontrée, c’est que le déplacement a été utile pour lui. Mon rôle, c’est aussi de lui faciliter ces échanges. »

Le rythme de travail est soutenu dans les bureaux à Matignon. « Être une éponge, c’est-à-dire découvrir un sujet avec curiosité, le comprendre et s’en imprégner, c’est une qualité que j’ai acquise à Sciences Po ». L’engagement politique n’a pas empêché des amitiés solides avec d’anciens camarades : une amie a suivi un parcours similaire au sien, mais dans des cabinets de droite. Un an après l’arrivée de la gauche au pouvoir, c’est au tour de Sophie Espié de travailler dans les hautes sphères de la République.

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